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Soyez un animal !

C’est de Natalie Goldberg, dans « Les italiques jubilatoires » (Ed. Le souffle d’or), un texte sur le plaisir d’écrire, de trouver « sa voix, la confiance et l’harmonie avec soi-même » : « Même quand tu n'es pas en train d'écrire, tu restes un écrivain. Cela ne te quitte pas. D'un pas d'animal, avance en regardant tout ce qui t'entoure comme une proie. Utilise tes sens comme un animal les utilise. Observe un chat quand il voit quelque chose bouger dans une pièces reste parfaitement immobile et en même temps, chacun de ses sens est en éveil, scrutant, écoutant, sentant. Voilà comment tu dois être quand tu marches dans la rue. L'esprit du chat n'est pas en train de se demander combien d'argent il lui faudra, ou à qui envoyer une carte postale quand il sera à Venise ; il ne fait que regarder : la souris, la bille qui roule par terre, la lumière qui se reflète dans le cristal. Il est prêt avec tout son être de chat à sauter dessus. Bien sûr, on n'a pas besoin de se mettre à quatre pattes et de frétiller de la queue. Simplement sois immobile - une partie de toi, au moins - et sache où tu es, même si tu es terriblement occupé ».

Le bourdonnement des mouches.

Je lis ceci dans les Carnets de Léonard de Vinci : « Que le bruit produit par les mouches provient de leurs ailes, tu le remarqueras en les coupant un peu, ou mieux en les enduisant légèrement de miel de façon à ne pas les empêcher complètement de voler; et tu constateras que leurs ailes en se mouvant font un bruit rauque et que la note passera de l'aigu au grave exactement dans la mesure où le libre usage des ailes se trouvera entravé. » Est-ce ainsi qu’il faut également s’y prendre en littérature ? Couper « un peu » les ailes des mouches. Les enduire « légèrement » de miel… Juste pour voir l’effet produit... Et se précipiter sur son carnet pour en tirer quelque chose ! On pourrait le croire, parfois, vous ne trouvez pas (je ne plaisante pas, hélas). Juste à hauteur de mes yeux, à gauche, et tout près, ce mot d’Ingeborg Bachmann « Avec ma main brulée, j’écris sur la nature du feu ! »

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